27.10.2009

Les fruits sont étonnants cette année !

Samedi après-midi, une conférence sur les arbres fruitiers était donnée a la maison de l'environnement de Montgeron. Accompagnée des jardiniers du potager du roi, ce fut un délice inattendu. Sens de l'observation....érudition.....souci du détail et surprise des raccourcis....il y avait la de quoi réfléchir de bien agréable manière  sur les paradoxes de notre société dite moderne.

Sur le temps qui passe par exemple. Apprenez qu'en matière de fruit, il faut savoir prendre le temps et peut être même se le donner. Un bon fruit se gagne a force de savoir perdre son temps a le chouchouter. Le brusquer, c'est le rater. Dans un monde ou la vitesse est une valeur phare, j'en suis venu a me demander si le bon et le goûteux avait un avenir. Premier pincement au coeur !

Rêveries du conférencier montgeronnais

Autre confirmation, les rythmes naturels se dérèglent. Les fruits deviennent fous et naissent hors saison. Les feuilles ne tombent plus lorsqu'on s'y attend et cela ce passe tenez vous bien a nos portes. Un climat qui change, car il s'agit de cela, ce sont de nouveaux modes de vie pas forcement simples. Pour le coup, la conf, s'est terminée pour moi par un petit spray d'anxiété. Et les enfants, les miens, face a tout cela ?

Bravo a l'équipe de la maison de l'environnement pour cette semaine du fruit. Une initiative qui participe du devoir d'alerte sur l'urgence environnementale. 
 

20.10.2009

Est-il bien sérieux de bloquer les voies du RER D ?

Retour sur image. Samedi dernier, deux cent membres de l'association SADUR ont bloqué les voies du RER D à Yerres en présence du député-maire de la ville. Objectif : protester contre les très mauvaises conditions de circulation sur cette ligne dont la semaine dernière a été une exécrable illustration. Le cocasse de l'affaire est queles bloqueurs de voies et l'édile ont été priés, assez vertement apparemment, de plier bagages par les voyageurs eux mêmes.

Sur le fond du débat, comment ne pas partager, les revendications de nos manifestants. En revanche, la méthode parait au mieux pas sérieuse au pire dangereuse. Deux remarques.

Il est absurde de vouloir répondre au mal par le mal

Les usagers n'en peuvent plus. En les bloquant une fois de plus sous prétexte de les défendre, on ne fait qu'aggraver un peu plus leur situation. Que nos manifestants interviennent là où cela est efficace c'est à dire chez les décideurs au lieu de s'en prendre éternellement aux payeurs !

Quel aveu d'impuissance de la part de nos élus !

Ils en sont réduit à des opérations de blocage. Leur rôle n'est-il pas au contraire d'agir dans les instances de décision. Il est très probable qu'en sachant travailler ensemble, tous les parlementaires de circonscriptions traversées par la ligne D, au delà des clivages partisans, parviendraitent à faire bouger les choses à l'Assemblée. Je gage qu'une guérilla parlementaire sur le sujet : amendements, refus de vote de certains budgets copmme celui du ministère des transports, lobbying auprès de la SNCF, y compris sous des formes spectaculaires, feraient plus bouger les choses. Encore faut-il renoncer à faire des coups médiatiques et à doubler le voisin politique !

Depuis 15 ans, les usagers du RER D connaissent des galères successives. Depuis quinze ans, les moyens mobilisés par les pouvoirs publics sont insuffisants et montrent clairement que le bien être des banlieusards n'est pas une priorité. Depuis quinze ans, trop souvent l'action de nos élus ressemblent à la gesticulation des tribus gauloises.

Ce propos est peut être injuste, sans doute à nuancer, mais il est grand temps que les parlementaires des départements franciliens prennent réellement leur responsabilité sur ce dossier.

21.09.2009

Réflexions sur la contribution énergie climat, dite « taxe carbone »

Compte tenu du contexte de crise économique et sociale profonde et durable, qui fragilise des pans entiers de la société française, et de la nécessité absolue de ne pas peser sur la compétitivité nationale, déjà fort mal en point, on a le sentiment que la « contribution énergie climat » ne peut être utile et acceptable qu'à quelques conditions :

1. Le changement climatique étant un phénomène mondial, la maîtrise de ces phénomènes ne peut être que mondiale, et toute action nationale individuelle est inopérante, voir contre productive.

Dans ce phénomène mondial, la tonne de C02 émise a le même impact sur le climat de la planète qu'elle soit émise à Paris ou à Pékin, à Dunkerque ou à Tamanrasset, et quelque soit la cause de cette émission, production industrielle ou agricole, transport ou chauffage. Le coût de la pollution a donc la même valeur, et le prix de la tonne de CO2 est identique du Nord au Sud et de l'Est à l'Ouest, quelque en soit le mode de fixation, par le marché ou par décision « administrative » internationale.

Certes, politiquement, espérer la mise en place d'une « contribution énergie climat » à l'échelle mondiale peut paraître illusoire, à court terme, et les pays occidentaux, premiers contributeurs historiques aux désordres qui nécessitent aujourd'hui cette taxe, ont sans doute le devoir de la mettre en place avant les autres.

De plus, l'exemplarité et la portée symbolique de la mesure aura un effet bénéfique, à terme : il ne faut pas attendre un effet de la taxe carbone « à la française » sur le climat mondial (la taxe carbone suédoise, en place depuis 10 ans, n'a rien changé à la fonte de la banquise !), mais elle permet le renforcement de la crédibilité et de la parole de la France dans le Monde, sur le sujet.

2. Pour être efficace et amener à un changement progressif des comportements, cette contribution « énergie climat » ne peut être indolore financièrement pour les émetteurs de CO2, quelque ils soient, entreprises ou particuliers : un « signal prix » fait mal ou ne sert à rien !

3. Pour être compréhensible et acceptable, cette « contribution énergie- climat » doit être simple et claire, sans exception ni exemption, dont on connaît les conséquences perverses : effets de seuils qui entraînent des sentiments d'inégalité, effets d'aubaines pour les plus débrouillards, lourdeurs administratives dans la gestion des catégories, des exceptions, des exemptions.

4. Comme pour l'eau, cette « contribution énergie- climat » doit être totalement affectée à la prévention et au traitement des émissions carbonées (moteurs propres, énergies alternatives, amélioration des bilans carbone dans l'industrie, l'agriculture, le logement, les transports...) : Cela permettra le développement des entreprises et technologies françaises en matière de prévention et de traitement des émissions carbonées, comme la loi sur l'eau a contribué au développement des champions mondiaux français du traitement et de la distribution de l'eau

5. Enfin, il faut en prendre en compte les effets secondaires, pervers, comme pour toute taxation : la « contribution énergie climat » doit être accompagnée de politiques visant à aider les personnes les plus économiquement faibles à maintenir leur pouvoir d'achat, et à aider les zones géographique les plus fragiles à s'adapter à ces évolutions vers un monde décarboné : politique de redistribution des revenus, d'une part, politique d'aménagement du territoire, d'autre part.

Le chemin à parcourir est ardu : il faut prendre de l'avance vers un mode de vie sans carbone (ou avec le moins de carbone possible), par un effort vigoureux de recherche développement (ce sont surement des dépenses d'avenir finançables par le grand emprunt national en préparation), sans porter atteintes à la compétitivité nationale, par des exceptions françaises illusoires et couteuses.